Je ne sais pas qui est Paul Vaillant-Couturier mais pour être honnête je ne veux pas le savoir.

Quand on a la chance d’avoir un nom aussi évocateur, on mérite d’être célèbre.Et depuis que je suis tout petit, il a toujours évoqué chez moi un des plus grands héros des vieux romans médiévaux.

Physiquement, je l’imaginais ressemblant trait pour trait au prince Vaillant, mais avec une aiguille géante pour épée, prêt à repriser sur le champ les accrocs qu’il aurait fait aux méchants. Tel le vaillant petit tailleur, il en aurait tué sept d’un coup !

Ca ressemblait un peu à un de ces rêves où l’on parle à James Bond, puis d’un coup on se fait tirer dessus par les méchants, et il nous dit « viens » et on court avec lui. Quand on a semé les méchants, on est devenu James Bond et la personne à qui on tenait la main était désormais sa copine (ou le professeur Tournesol des fois, malheureusement).

Dans ce genre de rêve éveillé c’est pareil : j’imagine le prince Vaillant-Couturier arriver devant un méchant avec son aiguille, et faire soudain une roulade pour glisser entre les jambes de l’ennemi. Il rapetisse pour passer, ses oreilles poussent et c’est Mickey qui se rétablit sur ses jambes. Il jette un œil derrière lui, et étouffe un hoquet quand il voit qu’il doit affronter un géant…

Un jour je découvrirai qu’il a été résistant, ou inventeur du micro-ondes, et je devrai me trouver un nouveau héros.